Dépôt de garantie dans un compromis de vente : pourquoi les professionnels n’en versent pas (et pourquoi ce n’est pas un problème)

Nathan Parthiot

Fondateur de atriôm
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Publié le 20/06/2025

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Lors de la signature d’un compromis de vente, il est courant que l’acheteur particulier verse un dépôt de garantie. Cette somme, généralement comprise de 5 % du prix de vente, est destinée à prouver la solidité de son engagement. Pourtant, en tant que professionnel de la revalorisation immobilière, nous ne versons pas systématiquement de dépôt de garantie lors des compromis. Ce choix peut étonner, voire inquiéter certains vendeurs. Pourtant, il n’a aucune incidence sur leur sécurité juridique, et voici pourquoi.


1. À quoi sert le dépôt de garantie dans une vente immobilière ?

Avant d’expliquer l’utilité du dépôt de garantie, il nous faut d’abord expliquer ce qu’est la clause pénale et comment cette dernière existe pour sécuriser la transaction.

a) La clause pénale

La clause pénale est une disposition contractuelle qui prévoit, à l’avance, le montant des dommages et intérêts qu’une partie devra verser à l’autre en cas d’inexécution de ses obligations.

Dans le cadre d’un compromis de vente immobilière, elle joue un rôle de garantie financière pour le vendeur. Si l’acheteur décide de se rétracter sans motif légitime (c’est-à-dire hors conditions suspensives prévues au contrat), le vendeur peut réclamer une indemnité forfaitaire, généralement fixée à 10 % du prix de vente. Elle permet donc de compenser le préjudice subi par le vendeur (temps perdu, opportunités manquées, relance d’un processus de vente, etc.).

a) Le dépôt de garantie

Le dépôt de garantie peut être vu comme une avance sur la clause pénale. Lorsqu’il est versé au moment du compromis, cette somme est consignée chez le notaire jusqu’à la signature de l’acte définitif. Si la vente se déroule normalement, elle est simplement déduite du prix à payer.
En revanche, en cas de défaillance injustifiée de l’acheteur, le notaire peut la bloquer temporairement , le temps que le litige soit tranché. Ce montant reste consigné chez le notaire jusqu’à la résolution du litige, il peut ensuite être rendu à l’acquéreur ou bien utilisé pour payer en partie les 10% de la clause pénale.

Le dépôt de garantie n’est pas une obligation légale. Il s’agit d’un usage courant, mais il peut tout à fait être écarté si les deux parties en conviennent. Dans tous les cas, la clause pénale de 10 % reste applicable si elle est prévue dans le compromis.


2. Pourquoi nous ne versons pas de dépôt de garantie en tant que professionnel de la revalorisation dans l’ancien?

En tant que professionnel, nous menons de nombreuses opérations en parallèle, ce qui implique une gestion rigoureuse de notre trésorerie. Voici pourquoi nous ne déposons pas de garantie au compromis :

  • L’argent immobilisé aurait un coût, et ce coût se répercute sur le prix d’achat du bien immobilier que nous pouvons proposer. En clair :
    👉 Si nous devions bloquer 5 % à chaque compromis, cela réduirait notre capacité à faire une offre compétitive sur le bien.
  • Nos opérations nécessitent déjà un investissement important avant et pendant la phase de compromis : études de faisabilité ou de structure, diagnostics, honoraires d’architectes pour dépose de déclaration préalable ou permis de construire, etc.
    👉 Nous engageons des moyens financiers réels et concrets dès la phase de compromis, même sans dépôt.
  • Enfin, sur plusieurs opérations menées simultanément, le cumul de dépôts de garantie représenterait des sommes trop importantes à laisser « hors circuit », au détriment du bon déroulé de nos projets.
    👉 En ne déposant pas de garantie, nous pouvons travailler plus vite, plus efficacement et proposer de meilleurs prix.

3. Quel impact pour le vendeur ?

Pour le vendeur, l’absence de dépôt de garantie ne signifie pas un manque de sécurité.

En effet, le compromis de vente intègre une clause pénale, généralement fixée à 10 % du prix de vente, qui s’applique en cas de défaillance de l’acquéreur hors conditions suspensives. Cette clause a la même portée juridique, qu’un dépôt ait été versé ou non.

Concrètement :

  • Si nous ne levons pas les conditions suspensives ou ne respectons pas nos engagements, vous pourrez nous assigner pour le paiement de ces 10 %.
  • Cette protection est contractuelle et solide, indépendamment du versement d’une avance.

En résumé, votre sécurité repose sur le compromis, pas sur le dépôt.


Conclusion

Ne pas verser de dépôt de garantie ne signifie pas que nous nous désengageons : au contraire, c’est un choix rationnel de gestion, qui nous permet de proposer des prix plus intéressants et de mener nos opérations efficacement. En parallèle, votre protection reste pleine et entière grâce à la clause pénale prévue au contrat.

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